Faire ses devoirs efficacement, c’est d’abord avoir un cadre simple (même moment, même endroit), puis une méthode (commencer par ce qui est le plus exigeant, découper, se tester) et enfin une façon de réagir aux erreurs qui garde l’enfant motivé. Rien de tout cela ne demande des heures de plus. Cela demande surtout de la constance et un peu de stratégie.
Si les devoirs finissent souvent en larmes, en négociations ou en soirées interminables chez vous, vous n’êtes pas seul. Voici une démarche pas à pas, pensée pour les familles du Québec, que votre enfant soit en 3e année ou en 2e secondaire.
En bref
- Un cadre fixe: même plage horaire, même endroit calme, après une pause pour se ressourcer.
- Une méthode en trois temps: faire le plan, attaquer le plus difficile pendant que l’énergie est là, puis se relire.
- Se tester plutôt que relire: se poser des questions et espacer les révisions rend l’étude plus durable.
- L’erreur est un indice: comprendre le raisonnement de l’enfant vaut mieux que corriger à sa place.
- Si ça déborde chaque soir, c’est souvent un signal de compréhension: un soutien ciblé en français ou en mathématiques peut alléger la maison.
Table des matières
- Pourquoi les devoirs tournent si souvent à la tension
- Étape 1: installer un rythme qui revient chaque jour
- Étape 2: préparer un coin de travail simple
- Étape 3: faire le plan avant de commencer
- Étape 4: commencer par le plus exigeant, puis alterner
- Étape 5: étudier pour retenir, pas juste pour terminer
- Étape 6: transformer les erreurs en indices
- Étape 7: savoir quand les devoirs révèlent autre chose
- Notre point de vue: ce que 25 ans de tutorat nous ont appris
- Un coup de pouce pour la maison: notre tutorat en ligne
- Votre plan de la semaine: un modèle à adapter
- Questions fréquentes
- Sources
Pourquoi les devoirs tournent si souvent à la tension
Les devoirs sont le principal pont entre l’école et la maison. Ils placent donc les parents au centre d’une situation délicate: on veut aider, mais on ne veut pas faire à la place de l’enfant.
Une étude canadienne portant sur 4 786 familles montre que le stress lié aux devoirs est le plus élevé chez les enfants de 9 à 12 ans, au moment de la transition vers le secondaire. Il diminue ensuite, mais reste un enjeu pour bien des familles jusqu’à 16 ans. Ces données datent de 2002, mais elles décrivent une réalité que beaucoup de parents reconnaissent encore.
Bonne nouvelle: la même recherche distingue deux façons d’intervenir. Encadrer le moment et l’espace aide l’enfant. Mettre la pression sur la performance, elle, génère du stress et freine son autonomie. Toute la démarche ci-dessous repose sur cette distinction.

Étape 1: installer un rythme qui revient chaque jour
Le cerveau d’un enfant a travaillé fort toute la journée. Lui demander de s’asseoir au cahier dès qu’il franchit la porte provoque souvent des blocages.
Voici un déroulement type après l’école:
- Retour à la maison: collation et temps libre (30 minutes, par exemple).
- Bougez: quelques minutes dehors ou une activité qui dépense l’énergie.
- Début des devoirs à heure fixe, pendant que l’enfant est encore alerte.
- Fin des devoirs: souper, bain, détente. L’enfant sait que la tâche a une fin.
Ajustez selon votre réalité. Si votre enfant va au service de garde, une partie des devoirs peut s’y faire. S’il a du hockey le mardi, le mardi sera peut-être un jour de devoirs courts le matin ou la veille. L’important, c’est qu’il sache à quel moment cela se passe, sans que ce soit rediscuté chaque soir.
Et le soir, trop tard?
Évitez de repousser les devoirs après le souper pour un jeune enfant: la fatigue allonge tout. Au secondaire, un créneau en soirée peut fonctionner si l’élève a eu une vraie pause avant. Observez votre enfant: à quelle heure comprend-il le mieux? C’est votre meilleur indicateur.
Étape 2: préparer un coin de travail simple
Pas besoin d’un bureau parfait. Il faut un endroit où l’enfant peut se concentrer.
- Une table dégagée, avec bonne lumière.
- Le matériel à portée de main: crayons, gomme à effacer, règle, dictionnaire, calculatrice si elle est permise.
- Les écrans rangés ou éteints, sauf si l’outil est nécessaire à la tâche. Un téléphone qui vibre à côté du cahier coûte cher en attention.
- Un adulte à proximité (cuisine, salon) pour les enfants du primaire, qui aiment sentir une présence.
Au secondaire, la présence est moins nécessaire, mais le cadre reste utile: l’élève sait où et quand il travaille.
Étape 3: faire le plan avant de commencer
Les élèves qui plongent dans le premier devoir venu perdent du temps à décider quoi faire. Prenez deux minutes pour dresser la liste.
Mini-plan en quatre questions:
- Qu’est-ce que j’ai à faire ce soir?
- Qu’est-ce qui est à remettre demain, et qu’est-ce qui est pour plus tard?
- Quelle matière me demande le plus d’effort?
- Combien de temps est-ce que je pense y mettre?
Une liste cochée donne une impression de progrès. C’est motivant, surtout pour les enfants qui se sentent submergés. Pour les travaux à long terme (lecture, projet, étude en vue d’une évaluation), divisez en petites étapes réparties sur la semaine.
Étape 4: commencer par le plus exigeant, puis alterner
L’énergie mentale baisse au fil de la soirée. Il est donc logique de commencer par la tâche qui demande le plus de réflexion, souvent les mathématiques ou la rédaction, et de garder les tâches plus légères (copier, relire, préparer le sac) pour la fin.
Petits trucs qui aident:
- Travailler par blocs courts, de 15 à 25 minutes selon l’âge, suivis d’une pause de quelques minutes pour s’étirer ou boire de l’eau.
- Alterner les matières si l’enfant décroche: passer du calcul à la lecture change le type d’effort.
- Lire la consigne deux fois, en soulignant le verbe d’action (calcule, explique, justifie, compare). Un grand nombre d’erreurs viennent d’une consigne mal comprise, pas d’un manque de connaissances.
- Repérer les mots-pièges: « sauf », « au moins », « en tout », « de plus que ». Ils font trébucher même les bons élèves.
Exemple en mathématiques (problème écrit)
Votre enfant bloque sur un problème. Plutôt que de donner la réponse, posez trois questions: « Qu’est-ce qu’on te demande de trouver? », « Quelles informations as-tu? », « Peux-tu faire un dessin ou un schéma? » Souvent, la réponse apparaît quand l’enfant reformule le problème dans ses mots.
Exemple en français (rédaction ou compréhension de lecture)
Avant d’écrire, l’élève souligne les mots clés de la question. Il retourne ensuite au texte pour y trouver la preuve de sa réponse. À la fin, il relit en cherchant une seule chose à la fois: d’abord les accords, ensuite la ponctuation, puis les mots à vérifier au dictionnaire. Une relecture « générale » rate presque toujours des erreurs.

Étape 5: étudier pour retenir, pas juste pour terminer
Terminer ses devoirs et retenir la matière, ce n’est pas la même chose. Beaucoup d’élèves relisent leurs notes en pensant étudier. C’est confortable, mais peu efficace.
Une synthèse publiée dans Nature Reviews Psychology explique que l’espacement et la pratique de récupération (se tester plutôt que relire) sont des stratégies puissantes, mais sous-utilisées, notamment à cause de fausses croyances sur le fonctionnement de la mémoire. Concrètement, ça donne:
- Se poser des questions sans regarder les notes: « Quelles sont les étapes pour diviser des fractions? »
- Expliquer à voix haute à un parent, à un frère ou même à un toutou.
- Créer des cartes-éclair pour le vocabulaire, les règles de grammaire ou les tables.
- Refaire des exercices sans modèle sous les yeux.
L’espacement: revenir sur la matière quelques jours plus tard
C’est contre-intuitif, mais revoir une notion le lendemain n’est pas toujours le plus payant. Dans une étude menée dans deux cours de physiologie, des devoirs en ligne faits 5 jours après le cours ont mené à une meilleure rétention que ceux faits 1 jour après. L’effort de rappel est un peu plus difficile, et c’est justement ce qui renforce la mémoire. Cette étude porte sur des étudiants d’un cours universitaire, mais le principe est largement applicable.
Pour une famille, cela peut ressembler à ceci:
| Moment | Activité |
|---|---|
| Jour de la leçon | Devoir du soir, lecture de la leçon |
| Quelques jours plus tard | Cinq questions de rappel, sans les notes |
| Veille de l’évaluation | Mini-test et correction des erreurs |
Ce petit rendez-vous « de rappel » prend 10 minutes. Il évite les longues séances de dernière minute.
Étape 6: transformer les erreurs en indices
Votre enfant fait une erreur. Votre réflexe est peut-être de la corriger tout de suite. C’est naturel, mais une correction rapide peut couper son élan.
Les ressources du gouvernement du Canada sur l’apprentissage vont dans ce sens: l’erreur est un levier pédagogique, pas un échec. Mieux vaut explorer avec l’enfant comment il a pensé que de simplement changer la réponse.
Réflexes à adopter:
- Demandez: « Comment as-tu fait pour arriver à ce résultat? »
- Cherchez la partie juste dans la réponse avant de pointer l’erreur.
- Laissez l’enfant trouver et corriger lui-même quand c’est possible.
- Notez les erreurs qui reviennent (accord du participe passé, retenue en soustraction, signe négatif). Elles dessinent un plan de travail précis.
À éviter:
- Répéter « Dépêche-toi » ou « Concentre-toi » toutes les cinq minutes.
- Faire le devoir à la place de l’enfant pour « en finir ».
- Comparer avec un frère, une sœur ou un ami.
La recherche citée plus haut sur les familles canadiennes rappelle qu’une pression constante sur les résultats nuit à l’autonomie. Votre rôle: cadrer, encourager, rester disponible.
Étape 7: savoir quand les devoirs révèlent autre chose
Un soir difficile n’a rien d’inquiétant. Mais certains signaux méritent votre attention:
- Les devoirs prennent régulièrement beaucoup plus de temps que ce que l’enseignant laisse entendre.
- Votre enfant dit « je suis nul » ou « je ne comprends rien » de plus en plus souvent.
- Les mêmes erreurs reviennent semaine après semaine.
- Il évite la lecture ou refuse de s’asseoir pour les mathématiques.
- Les résultats baissent malgré les efforts.
Dans ces cas, ce n’est probablement pas une question de volonté ou d’organisation. C’est souvent une notion de base qui n’est pas solide et qui fragilise tout le reste. Parlez-en d’abord à l’enseignant: il connaît le contexte de la classe et peut vous orienter vers les services de l’école. Si vous voulez compléter ce soutien, un accompagnement individuel permet de combler les lacunes à un rythme qui convient à l’enfant.
Aide aux devoirs ou tutorat: quelle différence?
Le gouvernement du Québec, dans sa page sur le programme de tutorat, présente le tutorat comme un accompagnement individualisé et flexible, ajusté en continu aux besoins de l’élève. L’aide aux devoirs, elle, se concentre plus souvent sur la réalisation des tâches du soir. Les deux ont leur utilité:
| Aide aux devoirs | Tutorat | |
|---|---|---|
| Objectif | Terminer les travaux | Combler les écarts et bâtir la compréhension |
| Durée | Ponctuelle | Suivi dans le temps |
| Contenu | Ce qui est donné à l’école | Notions à solidifier, méthode, confiance |
| Résultat visé | Devoirs remis | Élève plus autonome |
Notre point de vue: ce que 25 ans de tutorat nous ont appris
Chez Réussite A+, nous accompagnons des élèves du primaire et du secondaire, partout au Québec, en ligne, surtout en français et en mathématiques. Avec plus de 2 500 élèves aidés, nous voyons les mêmes scènes revenir.
D’abord, le problème n’est presque jamais « la paresse ». Un enfant qui traîne devant son cahier évite souvent une tâche qu’il ne se sent pas capable de réussir. Quand il comprend enfin la notion, l’attitude change vite.
Ensuite, les parents en font souvent trop ou pas assez, par amour. Trop: on corrige, on dicte, on s’épuise. Pas assez: on laisse l’enfant seul devant une consigne qu’il ne comprend pas. Le bon équilibre, c’est d’être présent, de poser des questions et de laisser l’enfant chercher.
Enfin, la relation avec l’apprentissage compte autant que la matière. Nos tuteurs sont sélectionnés au niveau universitaire et adaptent leur approche à chaque enfant. Un élève qui réussit un petit défi chaque semaine reprend confiance, et les devoirs deviennent moins lourds à la maison.
Si vous hésitez, souvenez-vous d’une chose: demander de l’aide n’est pas un aveu d’échec. C’est une décision de parent attentif.
— Marie
Un coup de pouce pour la maison: notre tutorat en ligne
Si les devoirs demandent plus d’énergie que ce que votre famille peut offrir, notre tutorat et aide aux devoirs se déroule en ligne, à l’heure, sans abonnement. Les séances sont offertes à 30 $ à 35 $ l’heure. Des frais d’inscription de 65 $ s’appliquent une seule fois.
Vous pouvez commencer par un essai gratuit pour voir si le tuteur et la méthode conviennent à votre enfant. Et si vous n’êtes pas satisfait, la première séance est remboursée. Pour inscrire votre enfant à une session régulière, rendez-vous sur la page de session régulière de tutorat. Si l’objectif est un examen d’entrée au secondaire, consultez plutôt la préparation aux examens scolaires.
Votre plan de la semaine: un modèle à adapter
Pour passer de la théorie à la pratique, essayez ce plan pendant deux semaines, puis ajustez.
Lundi à jeudi
- Collation et pause de 30 minutes.
- Liste des devoirs (2 minutes).
- Tâche la plus exigeante en premier, par blocs courts.
- Tâches plus légères, puis préparation du sac.
- Un mot positif sur un effort précis (« Tu as bien repéré le mot-piège »).
Vendredi
- Devoirs légers ou seulement ce qui est requis.
- Cinq questions de rappel sur la matière de la semaine, sans les notes.
Fin de semaine
- Lecture plaisir de 15 à 20 minutes.
- Si une évaluation approche, un mini-test de 10 minutes.
Après deux semaines, faites le point avec votre enfant: qu’est-ce qui a bien fonctionné? Qu’est-ce qui l’a agacé? Impliquer l’enfant dans l’ajustement augmente ses chances de respecter le cadre.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur moment pour faire les devoirs?
Le meilleur moment est celui où votre enfant a eu une vraie pause après l’école, mais n’est pas encore épuisé. Pour plusieurs familles, c’est après une collation et un moment de jeu, avant le souper. L’important est que l’heure soit stable d’un jour à l’autre.
Comment aider mon enfant sans faire ses devoirs à sa place?
Posez des questions plutôt que de donner des réponses: « Qu’est-ce qu’on te demande? », « Où peux-tu trouver l’information? » Restez à proximité et félicitez les efforts. Si vous devez expliquer une notion, faites-le avec un exemple différent de celui du devoir, puis laissez-le refaire seul.
Comment appelle-t-on une personne qui aide aux devoirs?
On parle généralement d’un tuteur ou d’une tutrice, ou encore d’une personne qui offre de l’aide aux devoirs. Le tuteur va souvent plus loin que la simple aide aux devoirs: il identifie les notions à consolider et suit les progrès de l’élève dans le temps.
Mon enfant refuse de faire ses devoirs. Que faire?
Commencez par comprendre pourquoi: fatigue, difficulté, peur de se tromper, ou besoin d’attention? Réduisez la pression, découpez la tâche en petites étapes et gardez le même cadre chaque jour. Si le refus persiste, parlez-en à l’enseignant, puis envisagez un soutien individuel pour reconstruire la confiance.
Sources
- Managing the home learning environment: Parents, adolescents, and the homework problem (Réseau canadien des centres de données de recherche)
- The science of effective learning with spacing and retrieval practice (Nature Reviews Psychology)
- Retrieval practice in the form of online homework improved information retention when spaced 5 days rather than 1 day (PubMed Central)
- L’apprentissage de l’écriture, un jeu d’enfant! (Portail linguistique du Canada)
- Programme de tutorat (Gouvernement du Québec)



